II - DEVENIR EUPHONISTE : DE L’ÉTHIQUE À LA PRATIQUE
Dans sa relation à son client, l’euphoniste a comme premier devoir d’être au meilleur niveau de lui-même. Ce devoir est de nature éthique, car c’est à cette condition qu’il peut être le plus efficace, le plus utile possible au service de son client. Le client mérite mieux qu'un euphoniste fonctionnant à 50% de ses capacités : il mérite un euphoniste fonctionnant au meilleur niveau possible et ceci fait partie du contrat implicite entre le client et l’euphoniste.
Plus l’euphoniste est dans un état euphonique, c’est-à dire un état d’équilibre et d’harmonie intérieure, plus il a créé les conditions extérieures de l’équilibre et de l’harmonie. Plus il est au fait de son savoir et de son savoir-faire, plus il répond à cette exigence éthique.
Etre “au meilleur niveau de soi-même” ne signifie pas qu’on se compare à d’autres euphonistes ou d’autres intervenants, mais qu'on a veillé à être dans le meilleur état d’équilibre et de savoir possible pour soi. Ceci implique que :
• l’euphoniste s’applique à lui-même les techniques de bien-être et de santé qu'il propose à ses clients ;
• il se tient toujours informé de l’évolution de la méthode ;
• il se fait régulièrement superviser pour ne pas risquer que s’introduisent dans sa pratique des déviances préjudiciables à son client.
Dès qu’il remarque qu’il perd cet état d’équilibre, il veille à le retrouver : c'est son devoir moral vis-à-vis de son client, tant lors des séances individuelles que collectives. Un euphoniste en état de déséquilibre intérieur transmet de façon subtile ce déséquilibre au client et au groupe.
Que l’euphoniste ait des difficultés de santé, de relation ou de toute autre nature, dans le cadre de sa vie privée, fait partie du courant normal de l’existence humaine. Cependant, l'éthique de la relation à son client implique qu’il a appris à s’extraire de ses difficultés personnelles pour être à son meilleur niveau au service de son client. Ceci nécessite parfois le suivi personnel de l’euphoniste par son superviseur ou par un autre euphoniste ou praticien.
En résumé, au cours d’un entretien, d’une consultation, d’un travail avec un groupe, la première condition à laquelle doit toujours veiller l’euphoniste est son propre état, puisque cet état conditionne la qualité de tout ce qu'il transmet à son client.
Le manque de maturité émotionnelle et le manque de travail sur soi, c’est-à-dire de pratique personnelle, empêchent la réalisation d’un état euphonique dans le praticien, entre le praticien et le client et finalement dans le client.



