ANNEXE I DE L’ÉTHIQUE À LA PRATIQUE (EXTRAITS D’ENTRETIENS AVEC I. LAHORE)
Dans sa relation à son client, le médiateur a comme premier devoir d’être au meilleur niveau de lui-même. Ce devoir est de nature éthique, car c’est à cette condition qu’il peut être le plus efficace, le plus utile possible au service de son client. Le client mérite mieux qu'un médiateur fonctionnant à 50% de ses capacités : il mérite un médiateur fonctionnant au meilleur niveau possible et ceci fait partie du contrat implicite entre le client et le médiateur.
Si le médiateur est dans un état euphonique, c’est-à-dire un état d’équilibre et d’harmonie intérieure, s’il a créé les conditions extérieures de l’équilibre et de l’harmonie, et s’il est au fait de son savoir et de son savoir-faire, il répond à cette exigence éthique.
Etre “au meilleur niveau de soi-même” ne signifie pas qu’on se compare à d’autres médiateurs ou d’autres intervenants, mais qu'on a veillé à être dans le meilleur état d’équilibre et de savoir possible par rapport à soi-même. Ceci implique que :
• le médiateur s’applique à lui-même les techniques qu'il propose à ses clients ;
• il se tient toujours informé de l’évolution de la méthode ;
• il se fait régulièrement superviser pour ne pas risquer que s’introduisent dans sa pratique des déviances préjudiciables à son client.
Dès qu’il remarque qu’il perd cet état d’équilibre, il veille à le retrouver : c'est son devoir moral vis-à-vis de son client, tant lors des séances individuelles que collectives. Un médiateur en état de déséquilibre intérieur transmet de façon subtile ce déséquilibre au client et au groupe.
Que le médiateur ait des difficultés de santé, de relation ou de toute autre nature, en particulier dans le cadre de sa vie privée, fait partie du courant normal de l’existence humaine. Cependant, l'éthique de la relation à son client implique qu’il a appris à s’extraire de ses difficultés personnelles pour être à son meilleur niveau au service de son client. Ceci nécessite parfois le suivi personnel du médiateur par son superviseur, ou par un autre médiateur ou praticien.
En résumé, au cours d’un entretien, d’une consultation, d’un travail avec un groupe, la première condition à laquelle doit toujours veiller le médiateur est son propre état, puisque cet état conditionne la qualité du travail avec le client.
Le manque de maturité émotionnelle et le manque de travail sur soi, c’est-à-dire de pratique personnelle, empêchent la réalisation d’un état euphonique pour le praticien d’une part, entre le praticien et le client d’autre part et, finalement, pour le client et son système.



